# Extrait du prochain recueil de textes, illustré : Entr"acte Amoureux #

 

 

Monsieur,

 

Je reste émue et rougis à votre souvenir. Votre beauté divine réconcilierait les sexes.

Votre allure altière, votre élégance féline me font parjurer, Monsieur. Je vous crains comme je vous aime. Mes sens se troublent à votre encontre. Mes pudeurs se consument en votre présence. N’avez-vous donc aucune pitié envers les nobles cœurs ?

Votre minois angélique se nourrit d’essence dionysiaque. Vous me faîtes offense, Monsieur, à chacun de vos regards. Votre licence se dérobe à l’ombre de vos longs cils fiévreux et je succombe.

Mes lèvres se damnent pour cette bouche offerte aux baisers. Mon âme s’affole pour quelques uns de vos sourires.

Quels mystères, abritez-vous, Monsieur ? Que recèle cette marque sur votre joue : morsure d’amante ou châtiment vengeur ?

Nombreuses sont les femmes déshonorées pour ce plaisir éternel ; celui de vous aimer, celui d’être posséder par l’immortel. Votre auguste virilité ferait trébucher n’importe quelle langue et mes joues s’empourprent à cette pensée.

Éphèbe, votre beauté transcende, preuve de l’existence céleste.

Depuis, ce jour, cette nuit, je ne cesse de penser à vous, mon adoré.

Je vous en prie, mon Adonis, laissez-moi être moins laide, permettez-moi de vous revoir afin de me noyer dans la contemplation de votre beauté, dans un plaisir renouvelé.

 

Votre dévouée.

-E-

   

 

Madame,

 

Vos mots me séduisent autant que vos charmes. Votre créature céleste se délecte de son hydromel : Vous, Madame !

Je ne saurais me tenir loin de votre cœur palpitant à chacun de mes frôlements.

Votre âme n’a d’égale que la pureté de votre peau si fraîche et si douce.

Ma chair, meurtrie, vous réclame, Madame. Elle crie son désir de sombrer et mourir entre vos blanches cuisses.

Madame, je me fais votre. Nonobstant, je ne voudrais vous voir souffrir davantage. Je chéris votre grâce autant que votre félicité et me refuse de causer votre perte !

Soyons donc chastes, ma Tendresse. Je vous aimerais, soyez-en sûre, de cette folle fièvre, toujours, dans vos souvenirs.

 

Votre serviteur.

-S-

 

(Argane Epra)

 

Photo © Argane Epra

CIMG3683